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Mário Luso, une table portugaise hors des sentiers battus

À quelques kilomètres de Porto, Mário Luso perpétue depuis 1942 une certaine idée de la cuisine portugaise. Une adresse traditionnelle, généreuse et un brin hors du temps.

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À Porto, en matière de restauration, il y a à boire et à manger. Toutefois, trouver une cuisine dite gastronomique sans que l’addition ne vous empêche de bien digérer n’est pas si évident que cela. Parmi les bonnes tables auxquelles j’ai eu le plaisir de m’asseoir, figure en très bonne place le Mário Luso.

Pour trouver Mário Luso, il faut quitter Porto

Nous faisons ici petite entorse à notre localisation ; cet établissement ne se trouve pas à Porto, mais à Vila Nova De Gaia. Et pas sur les rives du Douro de la ville limitrophe de Porto, mais plus plus à l’intérieur des terres, au sud. Il faut compter une petite quinzaine de minutes en voiture depuis le centre de la ville précitée pour s’y rendre. Où ça précisément ? Au Largo de França Borges, 308 4415-240, Pedroso, Vila Nova de Gaia.

En principe, vous ne regretterez pas le trajet. Cette adresse réputée, qui a un temps figurée dans la sélection Bib Gourmand du Guide Michelin (laquelle distingue des « établissements qui conjuguent cuisine de qualité et excellent rapport qualité-prix, en proposant des repas complets à des tarifs accessibles »), existe depuis 1942.

Comme le relate le site officiel, initialement, Mário Moreira dos Santos (Mário Luso) et sa sœur Maria Adelaide (Maria do Luso ou Menina Maria pour les intimes) commencèrent par exploiter un café qui, le mercredi, jour du marché hebdomadaire, servait des repas aux marchands. Au fil des années et des générations, l’établissement est devenu une étape prisée, jusqu’à Mário José, petit-fils du fondateur, puis sa petite-fille Arménia Maria. Cette dernière en assure la gestion depuis 2002.

Pour le visiteur, le restaurant Mário Luso est déjà un lieu. Les quatre murs qui délimitent la pièce (jusque-là, rien d’extravagant !) ont tous leur spécificité. L’un est tapissé de photos en noir et blanc. Elles montrent des Portugais du millénaire dernier, accoutrés de tenues surannées. Un autre est recouvert de coiffes, toutes plus ébouriffantes les unes que les autres, comme autant de témoins des traditions de nombreuses régions. Le troisième est divisé en plusieurs parties. On y découvre de savoureux desserts sous verre, sans doute pour mieux les exposer aux yeux et aux appétits, tout en les maintenant hors de portée des gourmands (en tout cas, jusqu’à la fin du repas) ; puis une grille qui retient d’antiques bouteilles de vin et de Porto, dont la plupart sont plus vieilles que les visiteurs, captives ; enfin, on entrevoit une partie des cuisines et ceux qui s’affairent à satisfaire nos papilles. Quant au quatrième pan, celui derrière l’imposant comptoir, il disparaît presque entièrement sous un impressionnant enchevêtrement de bouteilles de vin.

Anciennes bouteilles de Porto et de vins, Mario Luso
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Dans l’assiette, ça reste de la cuisine traditionnelle. Comme au Time Out Market de Porto, vous aurez donc l’opportunité de goûter certaines spécialités locales — mais vous serez plus généreusement servis. Les plus conformistes débuteront par une traditionnelle soupe, quand les dissidents se laisseront sans doute tenter par l’une des nombreuses salades ou compositions maison. Quant au plat, nous ne pouvons en conseiller qu’un : le Polvo à lagareiro (à 24 euros). En dépit de notre réticence à déguster ces pauvres pieuvres, c’est incontestablement ici que leur passage dans l’assiette leur fait le plus honneur. Du moins, parmi tous les restaurants portugais où nous avons consenti à leur réserver cette bien triste fin.

Ceux à qui il restera de la place pour les desserts n’auront pas de mal à trouver leur bonheur dans la vitrine évoquée un peu plus haut. Bien que d’ordinaire peu friand de pâtisserie portugaise et en dépit de l’aspect consistant de certains des gâteaux présentés, j’ai trouvé la plupart de ceux du Mário Luso singulièrement subtils.

Enfin, les amateurs de vin l’auront compris, il y a largement de quoi étancher sa soif. À des tarifs qui, sans être particulièrement doux, restent dans la norme pour ce type d’établissement. N’espérez pas non plus vous pinter la ruche à prix malin ; ce n’est pas vraiment la vocation de la maison.

Quant au service, nous le qualifierons de « portugais » : diligent, mais parfois un tantinet expéditif.

Bref, un petit coup de cœur pour ce restaurant, certes situé en dehors de Porto, et pour lequel les nombreux avis positifs, comme ceux de l’Oficina dos Rissóis, témoignent, en plus de sa notoriété, de la qualité de l’adresse.

Toutes les illustrations proviennent du site officiel du Mário Luso.


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