Si vous cherchez un endroit où manger à Porto, ce n’est pas l’offre qui manque. Selon les bases de données disponibles et les critères de recensement, la ville compte entre 800 et 1 600 restaurants. Alors, comme dans pas mal d’endroits, cette surabondance peut vite tourner à l’indigestion lorsqu’il faut choisir où déjeuner ou dîner.
L’avantage est qu’au Portugal, la restauration reste bon marché. Du moins, tant que vous ne visez pas la haute gastronomie. À ce propos, en mai 2024, soit dix ans après celui de Lisbonne, Porto a ouvert son Time Out Market. Le lieu change, mais le concept reste le même : proposer des plats de chefs à des tarifs relativement abordables.
Le Time Out Marke Porto, c’est où ?
Difficile de le louper. Tandis que le Time Out Market de Lisbonne est installé dans le Mercado da Ribeira, un marché inauguré en 1882, celui de Porto prend place dans l’aile sud de la gare de São Bento. Celle-ci constitue l’un des points névralgiques de Porto pour ses habitants. Quant aux touristes, même ceux qui ne s’y rendent pas pour prendre le train, ils font généralement au moins un crochet par le hall principal pour admirer les quelque 20 000 carreaux de faïence qui en recouvrent les murs. Des azulejos qu’ils retrouveront ensuite, certes sous d’autres formes, sur de nombreuses façades de Porto. Pour la petite histoire, ceux de la gare viennent de la banlieue de Lisbonne. Peints par Jorge Colaço entre 1905 et 1916, ils ont été fabriqués à la Fábrica de Cerâmica de Sacavém, comme nous l’apprend le site TheWhomTravel.
Le Time Out de Porto s’étend sur 2 000 m² et propose à la fois des tables en intérieur et en extérieur. Au lancement, s’y trouvaient douze restaurants, deux bars et une tour panoramique de 20 mètres de haut située dans la cour.
Côté chefs, le marché réunit quelques-uns des grands noms de la gastronomie portuense : Ricardo Costa (The Yeatman), Rafaela Louzada (Gruta), Vasco Coelho Santos (Euskalduna Studio), Rui Paula (DOP) et Nuno Castro (Fava Tonka), ce dernier apportant une offre entièrement végétarienne. Pour une cuisine plus décontractée, on trouve également les pizzas napolitaines d’Okra, les planches de charcuteries et fromages de Tábua Rasa, ainsi que les pâtisseries de la très ancienne Padaria Ribeiro, pour reprendre les enseignes actuellement mises en avant sur le site officiel.

Les propositions vont donc de la cuisine gastronomique à des choses beaucoup plus accessibles. On trouve des plats comme des gnocchis aux champignons et au queijo da Ilha, une açorda de gambas, de la corvina accompagnée de linguini nero, ou encore des desserts comme une rabanada avec glace au queijo da Serra et une crème brûlée au chocolat blanc et à la framboise. À l’autre bout du spectre, Okra mise donc sur la pizza, Tábua Rasa sur les produits à partager et Padaria Ribeiro sur les pâtisseries. Bref, il y a de quoi composer un repas très différent selon l’enseigne choisie.
Voilà pour les formalités. Maintenant, la question est : est-ce que ces Time Out valent le détour ?
Et c’est bon ?
Nous avons eu l’occasion de manger plusieurs fois dans ceux de Lisbonne et de Porto. Dans la capitale portugaise, le cadre de cette halle vieille de près de 150 ans, transformée en food hall beaucoup plus contemporain, contribue fortement à l’attrait du lieu. Si vous avez d’ailleurs l’occasion de vous y rendre lors d’un événement sportif, l’ambiance est décuplée. L’endroit a l’avantage de proposer d’immenses tablées, forcément bien adaptées à de grands groupes. Aux heures les plus fréquentées, c’est néanmoins un véritable jeu des chaises musicales pour trouver sa place ; et il va sans dire que le brouhaha ambiant peut très vite devenir éreintant.

Les commentaires formulés ci-dessus sont nettement moins fondés pour le Time Out de Porto. Il est beaucoup plus aéré, notamment grâce aux aménagements extérieurs ; la cohue est sans commune mesure avec celle de Lisbonne. Sans faire offense à la gare de São Bento (rassurez-vous, vous ne mangez pas non plus sur les voies), le lieu est moins enchanteur. Mais il perd peut-être en démesure ce qu’il gagne en pittoresque, en partie grâce à la vue sur de très anciens et, pour le coup, haillonneux, immeubles de Porto, lorsque vous vous installez dehors.
Vient le dernier point : la cuisine. Nous n’avons bien sûr pas testé l’intégralité des stands. Néanmoins, nos différentes visites, parfois à plusieurs et avec des assiettes que personne ne gardait jalousement, nous ont permis de picorer un panel déjà assez varié. Dans l’ensemble, c’est bon, quoiqu’un peu inégal (dans des plats d’une même gamme de prix, bien entendu) et, parfois, assez coûteux au regard du contenu de l’assiette. Vous trouverez clairement bien mieux pour moins cher ailleurs, mais ça, ce sera l’objet d’autres publications. Alors, pour l’aphorisme, les Time Out Market, ça vaut le coup d’œil, mais pas forcément le coup de fourchette.




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