On entend encore souvent que la vie est moins chère au Portugal. C’est toujours vrai dans la majeure partie du pays. Cependant, l’assertion l’est de moins en moins dans les endroits touristiques, et elle mérite aussi quelques nuances. Porto n’est plus la destination très bon marché que certains Français ont découverte il y a dix ou quinze ans. Les loyers, en particulier, ont beaucoup augmenté, au point de changer le visage de la ville. En 2026, un T1 dans le centre se négocie facilement autour de 800 à 1 000 euros, parfois davantage. En s’éloignant un peu, par exemple du côté de Vila Nova de Gaia, on peut encore trouver des logements autour de 600 à 700 euros. Bon nombre de ces logements plus accessibles sont toutefois à la limite de la vétusté.
À en croire les habitants rencontrés sur place, l’après-Covid a amplifié la tendance. Après la crise sanitaire, les investisseurs étrangers sont arrivés en nombre, avec un pouvoir d’achat souvent bien supérieur à celui des Portugais. Les prix de l’immobilier ont suivi, avec pour conséquence de repousser une partie des habitants toujours plus loin du centre, vers une périphérie où les logements restent à leur portée.
Dans le centre, le phénomène s’est doublé de celui que connaissent nombre de villes touristiques : la multiplication des locations de courte durée. Airbnb a progressivement grignoté une partie du parc destiné aux locaux. Et même les locataires qui bénéficient d’un pouvoir d’achat décent ne sont pas épargnés. Plusieurs de nos connaissances qui résident à Porto sont, chaque été, invitées à quitter leur logement pour laisser la place aux touristes. Difficile, dans ces conditions, de se sentir véritablement « chez soi ».
Les prix pratiqués par les Airbnb sont globalement moins élevés qu’en France. Idem pour l’hôtellerie. Ne vous attendez toutefois pas à des coûts divisés par deux. L’écart est plutôt de l’ordre de 15 à 20 % de nos jours.
En dehors du logement, Porto reste encore une ville très abordable. Un déjeuner dans un restaurant simple tourne autour de douze euros, tandis qu’un dîner peut encore être pris pour une vingtaine d’euros par personne. Bien sûr, tout dépend du standing de l’établissement, mais les restaurants ordinaires demeurent accessibles. Subsistent aussi ces petits estaminets traditionnels, souvent très bien cachés et à la devanture pas toujours avenante pour le touriste égaré. Ils continuent de proposer des repas pour à peine quelques euros. Même chose pour les cafés. Il est encore possible de s’offrir la boisson pour moins d’un euro dans certains établissements.

Pour les restaurants gastronomiques en revanche, les prix des menus sont bien souvent équivalents à ceux pratiqués en France (du moins en province). Et sans chauvinisme, pour une qualité culinaire généralement bien inférieure.
Côté transports et visites, les tarifs sont par contre toujours très raisonnables. Idem dans les magasins, que ce soit pour l’alimentation ou, surtout, l’habillement. Sur ces deux postes de dépenses, les écarts de prix entre la France et le Portugal sont très marqués, de l’ordre de 30 à 40 %. Rien de très surprenant puisque selon les chiffres de l’Insee pour 2024, le niveau de vie médian au Portugal était de 14 465 euros, contre 26 459 euros en France.
Enfin, tout ce qui précède vaut surtout pour Porto, ses environs proches et les autres grandes zones touristiques. Ailleurs au Portugal, la hausse des prix de ces dernières années se fait beaucoup moins sentir. Dès que vous quittez la côte, vous retrouvez des tarifs qui, pour nous autres étrangers, paraissent surannés et donnent parfois l’impression de retourner en 2002, au début de l’euro.


